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Modra Necht (la Nuit Mère) puis Ginivelezh (la Grande Naissance) (Décembre 2010)

Le Solstice d’Hiver représente la renaissance de Bélénos / Soleil, et puisque le macrocosme est relié au microcosme, par là-même notre propre renaissance tant physique (la balance entre nuit et jour nous ramène la lumière) qu’intérieure. La vie latente, enfouie sous la terre, s’apprête à re-germer sous l’influence du soleil. L’univers en « sommeil apparent » s’apprête à reprendre une « dynamique visible ».

Dans une vision plus globale de la Roue de l’année, c’est la fin du règne de la nuit (fin amorcée depuis le solstice d’été précédent, mais un règne qui s’achève tout doucement jusqu’à l’équinoxe) et le début du retour de la lumière. Diamétralement opposé sur la roue, on trouve des rites au solstice d’été qui ne sont pas sans lien avec ceux du solstice d’hiver (voir le NB sur le symbole du gui).

Le solstice d’hiver représente également l’année (la bûche brûlée en 12 Nuits, mais aussi les gourdezioù dont chaque jour représentait un mois de l’année et permettait de prédire comment l’année allait se dérouler).

Et puisque j’ai eu la chance de me rendre au Brugh na Boinne (Newgrange) :

« Le tumulus, construit par Dagda, situé non loin de la rivière de la Boyne, nom d’une déesse (et pas sans lien avec la fertilité) est recouvert de quartz blancs et prend l’aspect d’un oeuf brillant. Durant le solstice d’Hiver, les rayons du soleil frappent à travers un (très) étroit corridor (en hauteur) une chambre funéraire située au fond du tumulus. On retrouve donc « la matrice de terre de la déesse fécondée par le Dagda, dieu solaire » donnant naissance à Angus Og (qui représente le jeune Soleil). »

Durant le Solstice d’Hiver, l’âme se prépare à se réincarner. Seconde partie du Manifesté : la Nwyre (union de la dualité et de la matière), la conscience, avant la naissance de la matière.

Suite à la « Nuit Mère » (Modra Necht) se déroule « la Grande Naissance » (Ginivelezh) à la nouvelle Lune suivant le Solstice d’Hiver (4 janvier 2011) : cérémonie dédiée à Belen, à la Lune et à Brigandia. Le feu sacré est constitué de 3 essences (bouleau/lune, orme/soleil, hêtre/connaissance).

Pour moi, Modra Necht est en quelque sorte la naissance de la conscience, suivie à Ginivelezh de la naissance « plus matérielle ».

Je perçois une « oscillation », un moment clé de transformation articulé autour de Modra Necht & Ginivelezh (achevé à Imbolc), entre :

– Lune / Soleil
– Chtonien / Céleste
– Blé (masculin) / Gui (féminin)
– Blé qui se décompose sous terre pour germer ensuite / tandis que le Gui l’esprit blanc s’épanouit sur les branches
– Pas encore la matière / mais déjà la conscience
– Modra Necht / Ginivelezh.

SYMBOLES :

Le gui :

Appelé en Écosse : druidh-lus = « herbe du druide » et en gaélique moderne : uil’-ioc = « guérit tout »

Plante lunaire ou solaire ? Même si le gui m’évoque par ses petites baies blanches une lune parfaitement pleine (et donc d’une certaine façon une naissance), je pense que le gui a aussi une connotation solaire, blanc immaculé, en hauteur sur les branches des arbres. Éviter de le laisser tomber sur le sol, c’est aussi éviter de le faire retomber sur les forces chtoniennes. D’ailleurs, ses feuilles, avec le temps, prennent petit à petit des aspects dorés (solaires). Certaines préparations du gui préparées constituaient un medium qui apportait l’illumination ou la folie.

Le gui est cueilli avec une serpe (croissant de lune ?) dorée (soleil ?).

NB : Il y a un aspect avec les serpents qu’il va me falloir creuser un peu plus... En effet, il semble que Pline indiquait qu’au solstice d’été, les serpents se regroupaient et que de leur bouche sortaient une bave blanche qui formait une boule laquelle devait être recueillie dans un sayon sans qu’elle touche le sol (de la même façon que pour la cueillette du gui)... Par ailleurs, du gui lors de la préparation de l’élixir de savoir est également extraite une écume blanchâtre. Si je considère la roue de l’année, les deux solstices étant diamétralement opposés, alors ce rite et toutes ces analogies (l’oeuf, le mode de récolte, l’écume blanchâtre) représentent la dynamique inverse (l’oeuf des forces chtoniennes) de celle du solstice d’hiver.

Le gui était apporté dans la caverne du druide orientée vers le soleil levant, et que les rayons du soleil devaient y pénétrer (cf. ma partie sur Brugh na Boinne) et un feu sacré allumé (7 essences : sapin, frêne, noyer, houx, marronnier, fusain, chêne)

Le blé :

Le blé représente les germes de la vie qui s’annoncent. Le blé est par ailleurs une plante solaire. Le blé qui tout doucement va s’extraire de la terre féconde et s’élever vers le soleil.

O ghel an heu ! (Le blé lève !)

La bûche enflammée :

La bûche enflammée était « appelée Cailleach Nollaigh (la Vieille épouse de Noël) ou Yeel-carline (Vieille femme de Yule) car elle personnifiait la Cailleach qui avait englouti la lumière pendant son règne hivernal. La brûler c’était libérer le Soleil ».

Une variante consistait à sculpter dans une branche un visage de vieille femme et à le jeter dans la cheminée.

Au Pays de Galles, les cendres de la bûche étaient mélangées avec les grains de blé pour les semailles du printemps. (un achèvement combiné à un commencement, des cendres avec des germes de vie... une boucle bouclée)

Le houx :

Persistant dans l’hiver, signifiant le « vert de la croissance ave la chaleur du sang et de la vie »