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FOI & IL ÉTAIT UNE FOIS (avril 2010)

Ce texte a été rédigé pour la session collective sur le thème libre « Le foie, la foi, il était une fois... » organisée par la Clairière Tolosate de la C.A.D. (Communauté de l’Arbre Druidique) en avril 2010. J’ai opté pour un « vagabondage » sur d’éventuels liens que je pourrai tisser entre les sous-thèmes : foi(e)(s).

SOMMAIRE

1 Introduction

2 La foi

  2.1 Intérieur / extérieur
  2.2 Où est l’intérieur ? Où est l’extérieur ?

3 « Il était une fois »

  3.1 Mythe, légende et conte
  3.2 Le conte : une carte ?
  3.3 Espace & Temps en guise de conclusion

4 Conclusion

1 INTRODUCTION

Sur un plan physiologique, le foie peut être considéré comme le moteur de toutes les transformations métaboliques. Mais ne serait-il pas possible de tisser un lien entre ce « foie, siège des transformations » et la foi, voire même avec le sous-thème « il était une fois » ?
Dans ce petit texte, j’essaierai tout d’abord de relier la foi à l’idée d’une dynamique de transformation avant de me pencher sur les liens qui pourraient s’établir avec les contes.

2 LA FOI

La foi définie par ses conséquences Si nous devions décrire la foi, nous pourrions dire qu’elle est ce qui conduit à croire ce que nous croyons, sans forcément y introduire une justification. La foi s’apparenterait donc à un ressenti sur ce qui nous entoure.
Étrangement, je ne vais pas définir la foi par ce qu’elle est elle-même, mais par ce à quoi elle conduit, son action.

Toute la question est de savoir si la foi doit être considérée comme quelque chose d’intrinsèquement statique (i.e. « J’ai la foi, et cela s’arrête là ») ou s’il convient de lui attribuer une nature dynamique.
J’aurai tendance à considérer que la foi n’est pas statique : qu’elle ne décrit pas juste un « état de fait » (i.e. « J’ai la foi »), mais qu’elle constitue le réceptacle de tout ce que nous sommes « dans le présent », ainsi qu’un moteur sur ce que nous sommes « en devenir » :

– soit à travers nos actions de la vie quotidienne (choix, façons de nous comporter),
– soit au sein de notre quête spirituelle.

Dans ces deux cas, il y a donc transformation à la fois de l’extérieur (vis-à-vis des autres ou des situations sur lesquelles nos choix nous mènent à agir) et de l’intérieur.

2.1 Intérieur / extérieur

Cette dualité / bilatéralité entre intérieur et extérieur me semble essentielle dans toute transformation spirituelle afin de la structurer.
Cette dernière affirmation n’est pas sans rapport avec ce qui est appelé en physique « 2nd principe de la thermodynamique » énonçant (en simplifiant) que tout système isolé ne peut que tendre vers le chaos (ou rester figé).
Ainsi donc, intuitivement, pour TRANSFORMER vers un « ordre » il faut un « système intérieur » et un « système extérieur » (qui nous entoure)... et l’interface entre ces 2 systèmes, ce qui assure le lien entre notre « intérieur profond » et notre « extérieur » serait la foi.

Et, en même temps, intérieur et extérieur ne sont que des définitions, même au sens de la physique, et revêtent parfois même un caractère interchangeable, ainsi que nous le montrent les deux illustrations suivantes :

  • La Bouteille de Klein semble présenter 2 surfaces (une extérieure et une intérieure) et pourtant il n’y a qu’une seule surface (et donc ni intérieur, ni extérieur au sens topologique).
  • De même, le Ruban de Möbius semble présenter deux bords et deux faces, et pourtant il n’y a qu’un bord et une seule face.
2.2 Où est l’intérieur ? Où est l’extérieur ?

De ce que nous venons de décrire, la foi serait donc le lien entre intérieur et extérieur, qui pourraient bien n’être potentiellement que deux aspects d’une seule et unique chose.

L’extrait suivant de la Table d’Émeraude pourrait peut-être constituer une piste, une idée :

« [...] Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses sont et proviennent d’un, par la méditation d’un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation. [...] »

( Table d'Émeraude )

De cet extrait, il est possible de retirer de (très) nombreuses interprétations... mais l’une d’entre elle ne pourrait-elle pas s’appliquer à la foi ?

Et si cette « chose unique » qui relie « ce qui est en bas » et « ce qui est en haut », « ce qui est extérieur » et « ce qui est extérieur » (lesquels ne seraient in fine qu’une « seule chose ») était la foi ?

Alors l’« adaptation » mentionnée pourrait-elle être la transformation de cette foi, qui elle-même transforme ?
... Une foi transformant toutes nos énergies.

En conclusion de cette première partie, nous pourrions écrire :
« La foi, réceptacle et moteur de toutes les transformations »

3 « IL ÉTAIT UNE FOIS »

Un autre sous-thème de cette session « foi, foie, fois » est « il était une fois ». Pourrions nous montrer qu’« il était une fois » n’est pas sans lien avec la foi ? « Il était une fois » nous évoque irrévocablement les contes, les légendes et les mythes.

3.1 Mythe, légende et conte

Même si le mythe parle beaucoup plus directement de la foi, je vais là me pencher sur le conte (auquel on associe plus volontiers le « Il était une fois »).

3.2 Le conte : une carte ?

Tout comme précédemment la Table d’Émeraude, les contes ont plusieurs niveaux de lecture.

En première lecture, les contes conduisent à la morale, qui ne semble pas se fondre immédiatement avec la foi (dans le sens où c’est plus la foi qui conduit à la morale, que la morale qui conduit à la foi). La morale est dépendante de la société, c’est un facteur extrinsèque (par rapport à la foi, qui est, elle, intrinsèque) établie par la société, et par essence donc, volatile : dépendante du temps et de l’espace (où si on préfère du pays et de la civilisation du moment).

Mais en seconde lecture, les contes parlent des archétypes fondamentaux. En cela, ils nous parlent du parcours que chacun doit accomplir afin de devenir ce qu’il doit devenir.
C’est alors un mode d’emploi intrinsèque pour une transformation. Et même si cette seconde lecture fait référence à des personnages extérieurs, c’est bien de nous et de ce qui nous entoure dont il est question. (à la fois de « nous et de ce qui nous entoure » -i.e. moi et les autres protagonistes- ou « nous avec nos composantes »).

Il est donc intéressant de voir que cela rejoint les concepts de foi et de transformation précédents, mais en tant que mode d’emploi à cette transformation.

« Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur et des démarches qu’exige notre passage de l’immaturité à la maturité. Pour ceux qui se plongent dans ce que le compte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d’abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur, ce qui nous récompense de nos efforts. »

« Psychanalyse des contes de fées » ( Bruno Bettelheim )

« Il était une fois » nous parle donc de nos énergies, de nos archétypes... qui nous permet de comprendre ce qui nous entoure et de nous comprendre. C’est donc une leçon de foi.

Et, parce que j’aime bien boucler les boucles et pour donner des pistes de réflexion :

Puisque précédemment j’avais mentionné le second principe de la thermodynamique, le premier principe nous indique que l’énergie ne se crée pas... elle se transforme. Une fois de plus, nous abordons donc le parle de transformation. Le conte est donc une façon de découvrir et de se découvrir soi-même...
À ce niveau, nous pouvons esquisser une dernière boucle, lorsque j’ai mentionné la Table d’Émeraude et puisque j’ai parlé d’archétypes... puisqu’une des voies de l’alchimie est également la transformation intérieure au sens des archétypes et des énergies (se référer par exemple à C.J. Jüng qui a beaucoup étudié tout ce qui était mythe, alchimie, archétypes...).

3.3 Espace & Temps en guise de conclusion

Dans les contes ou dans les mythes, « il était une fois » : le temps n’est pas précisé. Il est supposé au mieux être « il y a très longtemps »... Et en général, le lieu non plus n’est pas indiqué ( « dans un lointain pays », « une très lointaine galaxie »). Et donc on parle là d’un espace en-delà de l’espace, d’un temps endelà de l’espace...
.... Or tout ça n’est peut-être pas éloigné de quelque chose que nous connaissons bien : les rituels et célébrations de nos spiritualités...
Tout comme les contes, la foi elle-même nous porte donc vers des lieux en dehors des espaces et des temps.

4 CONCLUSION

De toutes ces discussions, nous pourrions donc établir un lien entre tous les sous-thèmes de la session « foi, foie, il était une fois », celui de la transformation :

  • Le foie est le moteur de toutes les transformations métaboliques,
  • La foi est à la fois le réceptacle et le moteur de toutes les transformations spirituelles,
  • « Il était une fois » est à la fois (en tant que mythe) le siège de notre foi et (en tant que conte) une carte qui oriente notre quête.