.

L'INITIATION (mai 2013)

J'ai rédigé ces quelques pensées personnelles en tant que participation à une session du 3P (Pub Philo Païen) toulousain à laquelle je n'ai pas pû me rendre.

Au travers de mes passages dans divers groupes païens, je me suis interrogé sur l'initiation au sein d'un groupe.

Tout d'abord, c'est pour moi une évidence : l'initiation ne doit pas servir à conforter une relation de subordination. Je pense même qu'il s'agit là presque d'un critère qui doit amener à s'éloigner d'un tel individu ou groupe qui voudrait nous subordonner via l'initiation.

La subordination peut aussi prendre la forme de règle du type « Si tu demandes à être initié, nous repousserons ton initiation d'une année » ou être prétendument justifiée par le fait que l'initiable doit accomplir son Œuvre au Noir en se subordonnant à l'initiateur.

En tout état de cause, il ne doit donc pas y avoir de contraintes : l'initiation doit avoir lieu au moment opportun où l'initiable est prêt à la recevoir. Elle ne doit donc pas présenter un critère obligatoire, être imposée et ne pas aller non plus à l'encontre de ce qu'attend l'initiable.

Qu'une initiation fasse bouger intérieurement des choses est acceptable, qu'elle soit traumatisante car contre les souhaits de celui qui se fait initier est à bannir.

L'initiation est un don d'une personne, ou d'un groupe de personnes, vers une autre personne et donc il n'y a pas de marchandage possible : ni financier, ni relationnel, ni contre autre chose (« Je t'initie si tu fais ceci ou cela »)... sinon nous sommes bien dans le contraire d'un don.

Celui qui initie serait plutôt celui qui assiste à l'initiation : la sage-femme durant un accouchement de nous-mêmes. Il ne délivre pas l’initiation, il apporte son aide à l'accouchement de l'initiable.

Sur le sujet du secret de l'initiation, il me semble qu'il doit y avoir secret... car sinon l'initiation perd de son intérêt. Si je dois te faire découvrir certaines choses, ou te faire vivre d'autres choses, à quoi sert que tu sois déjà au courant, que tu aies déjà découvert, que tu te sois préparé à vivre quelque chose qui devrait avoir un critère de surprise, de surprenant, afin qu'elle constitue une expérience intense ?

Enfin, dans le cas particulier de l'auto-initiation, le terme d'auto-initiation me semble impropre. L'auto-initiation n'est pas tant solitaire qu'on pourrait le penser, car elle doit se faire par l'écoute de la Nature et non par l'écoute de soi-même.
On ne s'auto-initie pas, on se met dans des conditions qui peuvent potentiellement nous amener à vivre une expérience (ou plus généralement à recevoir quelque chose) qui peut peut-être (mais pas forcément) nous apporter une initiation.
Dans ces conditions, il y a autant par l'initiation solitaire (terme que je préfère à celui d'auto-initiation) que par l'initiation d'un groupe. Plusieurs heures à ramper dans les boyaux d'une grotte, ou à méditer longuement sur un rocher en écoutant le vent... peuvent être des expériences initiatrices... comme elles peuvent ne pas l'être pour tout le monde (puisque chacun est différent, donc différemment initiable).
En tout état de cause, l'initiation est loin d’être comme un rituel classique ou un rituel de dédication...

En conclusion, l'initiation n'est pas un diplôme qui ouvre des « droits » pour l'initié ou celui qui l'a assisté dans son accouchement, mais se doit d’être un don d'amour...

Marzin Suileabhan